Deuil périnatal et histoire familiale
2 avril 2011
Mélanie Levasseur, psychologue clinicienne, bénévole de l’association, a animé une soirée sur le thème « deuil périnatal, transmission trans et inter-générationnelle ». Pour ceux et celles qui n’ont pu y assister, et tous ceux qui, à l’issue de cette réunion souhaitent garder une trace de cette présentation, nous vous proposons une synthèse:
Avoir un enfant est aujourd’hui considéré comme un veritable projet, voire un investissement.
La puissance affective projetée sur ce petit etre est à la mesure de ces enjeux.
Le désir d’enfant est une élaboration, une prise de conscience, c’est un desir de transmission. L’enfant est le garant de la famille puisqu’il la continue.
L’échec de la naissance se transforme alors parfois en catastrophe personnelle, familiale et sociale.
Dans « Deuil et Mélancolie », Freud écrivait : « chacun des souvenirs et chacun des espoirs doit revenir à la conscience, etre surinveti et etre frappé du decret de la réalité: il n’est plus. »
Le deuil parait toujours tourné vers le passé en raison du travail de remémoration qui lui est inhérent.
La specificité du deuil perinatal c’est que le passé n’existe au deà des mios de grossesse partagés avec cet enfant.
Il semble que jusqu’à ces derniers temps et encore dans de nombreuses circonstances tout est fait pour banaliser ces pertes , les insignifier, les taires. Les parents sont écrasés de culpabilité et ces sentiments de culplabilité vont entrer en résonnace avec les appréhensions ressentis par les parents au cours de la grossesse suivante.
L’interet pour les aspects transgenerationnnels du deuil perinatal a tout son sens.
Les transmissions transgenerationnelles sont des transmissions qui ne sont pas dites, ces sont des secrets, des non dits, des choses cachées parfois meme interdites de pensée.
Les conséquences de ces transmissions sont multiples mais nous nous sommes interéssés à deux modes: l’enfant de remplacement et la transmission par le canal de l’emotion.
La génèse de l’enfant de remplacement est habituellement un phénomène intergenérationnel qui se situe au sein d’une meme fratrie et intergenerationnel qui se constitue de manière triangulaire à partir d’un enfant disparu vers un nouvel enfant à travers la mère; en remontant puis en redescendant uen génération.
Bien évidemment tous les enfants nés après la mort d’un frère ou d’une soeur ne sont pas des enfants de remplacements.
L’état émotionnel des mères pendant les grossesses qui suivent une ou plusieurs pertes périnatales est dominé par la peur d’une nouvelle perte. L’anxiété est constante et d’autant plus vive si la grossesse débute rapidement après la perte précédente.
Les conséquences pour les enfants nés de ces grossesses doivent etre prises en compte . La peur d’une nouvelle perte inhibe presque toujours l’attachement à l’enfant ou bien une sur stimulation in utéro afin de se rassurer de l’état de bonne santé du bébé.
Encore une fois, ces troubles ne touchent pas toutes les mamans.
Pour que ces grossesses se passent au mieux, il sera très important de prevenir des pathologies transgenerationnelles par un accompagnement adéquat au moment de la perte.
Par l’équipe gynécologique, un thérapeute et la présence si cela est possible de groupe de travail afin de verbaliser et élaborer la perte de ce petit etre.
« Les morts sont des invisibles, ils ne sont pas des absents »‘. St Augustin